De la titrisation de la nature.

Il semblerait que la crise des subprimes n’ait pas servi de leçon.

Pour mémoire, et en schématisant, la crise des subprimes vient du fait que des ménages se sont endettés pour acquérir un logement. Ces dettes ont été divisées en titres puis revendues, puis revendues encore, à chaque fois avec des plus-values, en pariant sur le fait que les gens rembourseraient leur dette et, à défaut, que la valeur des immeubles allait augmenter.

Puis un jour, on s’est rendu compte que le marché de l’immobilier était moins fructueux qu’attendu, et que de nombreux propriétaires-débiteurs n’étaient pas solvables.

Tout s’est effondré, les titres ont perdu leur valeur, et parallèlement, les maisons de ceux qui n’ont pas tout remboursé ont été saisies. Autrement dit: ces personnes ont payé une partie d’une maison dont ils ont été complètement dessaisi. Les banques, ont conservé les remboursements, sont devenues propriétaires des maisons, et ont conservé les plus-values qu’elles avaient fait sur les titres qu’elles avaient pris soin de revendre.

 

Aujourd’hui, ces mêmes banquiers ont eu l’excellente idée de faire la même chose avec la nature. Ils émettent des actions, basées sur la promesse de conserver telle espèce animale, en voie de disparition. Chaque fois qu’une entreprise veut s’installer sur un site qui abrite l’espèce en question, pour justifier du fait qu’elle ne porte pas atteinte à l’espèce en question, elle achète les actions en question… qu’elle peut revendre avec une plus-value.

La plus-value sera d’autant plus importante au fil du temps que l’espèce en question, par hypothèse, verra son habitat se réduire (même si quelques spécimen sont « conservés »… et encore, à condition que la banque le veuille bien). Jusqu’au jour où il n’y aura plus que les spécimen conservés par la banque, qui le revendra à prix d’or aux Etats (contribuables), au motif que c’est essentiel pour la préservation de l’environnement… inestimable nous expliquera-t-on alors.

Le plus étonnant, c’est que les banquiers parviennent à convaincre de leur capacité à préserver notre environnement par ce biais.

Plus c’est gros, mieux ça passe.

Mais surtout, que faire?

 

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