Mi-figue, mi-raisin.

Le mal de gorge a perdu, le rhume a gagné.

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De l’effet placébo.

Ce que je ne comprends pas dans « l’effet placébo », c’est que certains médicaments homéopathiques, qu’on m’a présentés comme devant venir à bout de telle ou telle problématique, n’y sont jamais parvenus, alors que d’autres, si. Pourquoi ceux-ci, et non ceux-là?

On me répond parfois que tout dépend de la façon dont cela a été présenté, entendu, etc. Je veux bien, et je dois me rendre à l’évidence: il n’existe pas de meilleure explication à l’efficacité de certaines substances à l’heure actuelle. Cependant, j’ai deux objections à cela.

La première, c’est que je n’ai parfois perçu aucune différence dans la présentation des substances qui m’ont été prescrites: même médecin, même relation; parfois ça marche, parfois, non. Je veux bien imaginer que tel jour, par exemple, j’étais davantage encline à entendre ce qu’on me disait, ou bien que c’est le médecin lui-même qui était plus persuasif à ce moment là, pourquoi pas, mais ça me laisse quand même assez dubitative. Quels sont donc les ingrédients précis indispensables à l’effet placébo? De ce que j’en avais lu, j’avais le sentiment qu’ils étaient bien réunis, le plus souvent; ce qui n’a pas interdit l’échec dans certains cas et pas d’autres.

La seconde, c’est que j’ai parfois constaté des effets qui n’étaient pas ceux attendus par le prescripteur, et qui étaient pourtant diablement efficaces, sur des points précis. Or, si l’effet placébo est dû à une suggestion de la part du prescripteur, comment ai-je pu constater un effet qui, non seulement ne m’avait pas été suggéré, mais encore qui m’avait été suggéré pour un autre mal que celui qu’il m’a soigné?

J’ai une liste de tous les phénomènes que j’étudierais si j’en avais le courage. L’effet placébo en fait évidemment partie.

 

De la force de l’effet placébo.

Il y a des années où je suis malade plusieurs fois pendant l’hiver. D’autres où je n’ai rien du tout. Cette année, c’est mi-figue mi-raisin. Je ne suis jamais franchement malade, mais je suis épuisée comme si je l’étais, et je « sens » le système immunitaire presque complètement tourné vers telle ou telle partie de mon corps. C’est déjà la troisième fois depuis le mois d’octobre, je commence à me lasser.

En ce moment, c’est la gorge et le nez, chez qui je sens une âpre lutte. Je n’ai pas franchement mal à la gorge, mais la douleur est à proximité, et il en faudrait peu pour que le mal m’envahisse pour de bon. De même, je me mouche deux ou trois fois dans la journée, je sens que le nez me pique, et voudrait se laisser aller à davantage, mais le système immunitaire tient encore bon. Le tout est couronné par une difficulté à respirer et déglutir la nuit, et une tête très lourde, quand elle n’est pas douloureuse. Un mélange de migraine ophtalmique et d’état vaguement grippal: les deux douleurs sont distinctes, et chacune y va de sa petite poussée, tour à tour.

Je lutte avec mes placébos: homéopathie essentiellement.

Je suis étonnée de leur pouvoir. Je ne les ai pas toujours eus à portée de main, et je me rappelle parfaitement de l’état dans lequel j’étais lorsque je ne prenais rien: des douleurs abominables au niveau du nez et de la gorge (comme si tout était à vif, je n’oublierai jamais), qui duraient au bas mot 48h. Ensuite, la douleur allait diminuant, et j’en avais en général pour une semaine, sans compter le rhume qui l’accompagnait et m’obligeait à me moucher plusieurs fois par heure, sauf lorsque je me trouvais au grand air. Il fallait alors que je jongle entre le plaisir de me trouver moins encombrée, et le risque de faire perdurer cet état en prenant froid.

Pour l’heure, j’ose espérer que le pire est passé, mais je vais quand même ajouter quelques huiles essentielles, et de la propolis.

Photos.

Chaque fois que je me trouve devant un paysage que j’aime, je prends des photos. De façon quasi obsessionnelle. Comme s’il fallait tout prendre et ne rien oublier. Comme si ça pouvait intéresser quelqu’un d’autre que moi, et même moi, pour quoi? Puisque je les vois, ces paysages!

J’ai horreur de me trimballer avec un appareil -c’est lourd et encombrant, et puis je ne parviens pas à prévoir-, mais désormais, les téléphones font des merveilles.

Bien plus que les paysages, je ne me lasse jamais de photographier des tas de choses complètement inintéressantes comme les nuages, par exemple, ou des cailloux. J’en ai des dizaines.

Pour quoi faire ?!

Le courage des autres.

Pendant que s’égrenaient les articles écrits avant de partir, je me trouvais sur l’eau, à partager des moments avec des travailleurs de la mer. Magnifiques couleurs, belles personnes, agréables moments. Simples, gentils, et pleins de bonne humeur.

Bien évidemment, je suis toujours un peu à l’extérieur de tout ça. Eux travaillent, sont plein de courage, s’épuisent, mais jamais assez pour perdre leur bonne humeur. Je ne peux même pas les aider un peu: ça épuiserait tout à fait le fragile plaisir que j’éprouve à me trouver en leur compagnie. Alors j’essaie de me rattraper autrement. En partageant des séries, en apportant du bon fromage, en m’intéressant à ce qu’ils font, en les remerciant de m’accueillir.

Et je continue d’essayer de m’imprégner de ce qui se passe.

Côté procrastination.

Ce point de vue, en revanche, n’a pas beaucoup changé. Là, je procrastine en écrivant ici, et écoutant ceci (ça n’a rien d’extraordinaire, mais j’aime particulièrement les 9 premières minutes):

… et je ne devrais pas procrastiner. Prendre la route à minuit quand il fait si froid, même si c’est juste pour une heure, ce n’est pas bien raisonnable.

Et le suicide alors?

Il y a peu, alors que je fréquente par messagerie écrite interposée un certain nombre de personnes à la dérive, qui pensent de ce fait beaucoup au suicide, je me suis entendue dire que c’était chouette d’avoir un exemple comme moi, qui montre qu’on peut se sortir de l’abomination psychique. ça m’a surpris, parce que je n’ai pas du tout l’impression de m’en être sortie: je continue à être à l’étroit dans ma peau et plus encore dans mon cerveau; à me sentir contrainte de toutes parts, à ne pas être heureuse en tout cas.

Pourtant, l’évidence est là: ça fait plusieurs années que je ne tiens plus à me donner la mort, que je ne la projette plus, que je ne la fantasme plus. Je ne souffre plus comme avant. Je n’ai plus vraiment de phases « aiguës-chroniques ». Les phases aiguës elles-mêmes sont infiniment moins intenses, donc supportables, ce qui n’était pas le cas avant. Le chronique aussi, est devenu moins pire, même s’il reste évidemment pénible.

Si la mort arrive, je l’accueillerai quand même avec plaisir -surtout si elle me soulage de surcroît d’une souffrance physique-, mais voilà, je ne la désire plus ardemment, je ne pense plus au suicide que de façon épisodique, anecdotique, et certainement davantage par une sorte d’habitude que par une volonté farouche.

Alors si ça fait du bien aux autres, tant mieux.