j’avais mal supposé, ça dure…

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A la dérive…

Depuis quelques jours, peut-être un peu plus d’une semaine, d’ailleurs, je me sens à la dérive. Je m’étais dit que je pouvais venir le poser ici. Je ne l’ai pas fait.

ça empire. ça ne veut pas s’arrêter.

J’ai des tas d’obligations à assumer, tout à fait surmontables en temps normal.

Mais je n’ai qu’une envie, c’est de ne plus être en vie.

J’ai l’impression que ça faisait une éternité que je n’avais pas songé au suicide, ni eu envie d’une bonne perfusion. Précise, affûtée, pointue, si possible.

Je suppose que ça ne va pas durer, puisque les dernières fois, ça n’avait pas duré. Je sais aussi que les lendemains ne seront pas chantants pour autant.

Mais bon sang, comment un mal peut-il être si profondément ancré? Si persuasif?

Et surtout, si mystérieux, toujours…

« Mon » boucher.

Aujourd’hui, le boucher n’a pas oublié sa promesse: il avait mis de côté deux énormes os pour le chien.

Et dire que j’ai failli ne pas y aller, tellement j’ai toujours du mal à me bouger!

Le respect de la parole donnée, même si elle porte sur quelque chose d’anecdotique, est capable de me mobiliser. Or même si j’étais restée un peu évasive, il me semblait me rappeler avoir dit que je passerai mercredi ou jeudi.

Dieu sait que je n’avais pas envie de sortir; je m’y suis prise au dernier moment, une sorte de sursaut de culpabilité.

C’est peut-être l’impression que c’est un type bien qui a fini de me mobiliser. Je n’avais pas envie de décevoir sa supposée et finalement avérée gentillesse.

Double récompense:
le chien, les yeux brillants,
et… moi: être accueillie avec un sourire aimable, alors que je n’apporte rien de plus qu’un grand merci…!

Rêve d’oracle.

Parfois, je rêve d’un oracle qui me dirait « finger in ze noze » ou bien « oui, par là, tu peux y aller, tu as des chances d’y arriver », ou au contraire, « par là, ça risque d’être compliqué », voire « ça ne fonctionnera jamais ».

Si je disposais d’un tel guide, j’aurais commencé par ne jamais tenter de me suicider. J’aurais perdu moins de temps.

Mais surtout, j’aurais fait le point sur ce qui m’anime, en sorte que si vraiment un truc m’avait intéressé avec comme panneau « ça va être dur, c’est pas gagné mais pas perdu non plus », je l’aurais sans doute choisi.

A moins, évidemment, d’être autant intéressée par un autre truc avec le panneau « facile »; ne soyons pas masochiste.

Aujourd’hui, je rêve d’un guide comme ça. Pour la Nième fois de ma vie, je me lance dans une activité nouvelle, qui ne me plaît pas tellement sur le plan éthique, mais qui aurait le mérite de me permettre de gagner ma vie, tout en exerçant un métier « normal », à défaut de pouvoir en être fière.

Je ne suis pas encore lancée, et cela suppose déjà une grande débauche d’énergie, du moins à mon échelle (puisque je m’épuise extrêmement rapidement, dans tous les domaines). De sorte que je doute: jusqu’à quel point dois-je m’épuiser? Est-ce que ça en vaut la peine? Vais-je y arriver? En l’espèce, sans un panneau « tu as des chances d’y arriver », a minima, je ne me lancerais pas.

Il me faut trouver la bonne dose entre l’énergie que ça me coûte et un échec potentiel. Il n’en faut pas trop, afin de n’avoir pas de regret en cas d’échec, mais il en faut assez pour avoir des chances que ça marche.

Je rêve d’un oracle.

 

Le rêve des deux miroirs (2/2).

Je n’ai pas le souvenir qu’il me soit déjà arrivé « d’entendre » une voix « extérieure » à l’intérieur, en dehors des rêves eux-mêmes. Car elle semblait tout à fait extérieure au rêve, elle intervenait pour commenter le rêve ou peut-être y mettre fin, je ne saurai jamais, mais elle n’en faisait pas partie.

Par ailleurs, même si je SAIS que ces mots n’ont pas été prononcés, je les ai quand même clairement entendus, indépendamment de ce que j’étais en train de rêver. Ou bien alors, c’était une impression tellement forte qu’elle pouvait se confondre avec la réalité. Comme une hallucination.

Et puis… comme elle était apaisante! Là encore, je ne me rappelle pas avoir déjà entendu une voix aussi apaisante, et surtout, aussi concernée par ma petite personne.Comme si elle était là pour moi, à ce moment là, à se préoccuper de ce qui pouvait m’arriver, du chemin que je pouvais prendre. Comme une sorte de guide spirituel, qui me fait beaucoup de bien.

J’aimerais bien la retrouver cette voix, mais aussi la comprendre, et lui faire confiance. Car bien évidemment, mon esprit rationnel est très dubitatif, et se demande quel était son origine exacte, son rôle, son but, sa pertinence, même si elle avait toutes les qualités requises pour être entendue et suivie, ce que j’ai fait, d’ailleurs.

Elle m’a donné l’impression de m’aimer, et c’est assez extraordinaire, pour moi. J’ai si rarement éprouvé cette sensation profonde…

Le rêve des deux miroirs (1/2).

L’autre jour, il m’est arrivé un truc étrange dans un rêve. Je veux dire, bien sûr, plus étrange encore que ce que les rêves peuvent habituellement charrier d’étrange.

A vrai dire, je ne me rappelle quasiment de rien. Seulement du fait que je me trouvais face à deux miroirs, qui se trouvaient côte à côte. Ils n’étaient pas très grands, je dirais 40cm de haut sur 30 de large, encadrés d’une dorure très sobre, sans être tout à fait sommaire.

La même image se reflétait dans les deux: une image à peu près actuelle -j’étais peut-être un peu plus jeune, mais de peu-, et en tout cas pas vilaine au vu de ce dont je suis capable dans la réalité. Ni belle, ni laide, globalement équilibrée, avec mon teint habituel.

Je ne comprenais pas pourquoi il y avait deux miroirs, et n’en voyais pas l’intérêt; je m’interrogeais à ce sujet. L’idée m’est venue, sans que je sache si c’était la mienne, qu’il existait un miroir provisoire, et un autre définitif. Et que cela expliquait l’intérêt de pouvoir disposer des deux, sans pouvoir développer davantage.

J’ai alors été interrompue par une voix très douce, féminine, enveloppante et extrêmement apaisante, qui m’a dit quelque chose comme: « tu devrais te réveiller, là, maintenant; c’est important ».

Je me suis exécutée, ai songé que c’était probablement pour me permettre de « marquer » ce rêve et pouvoir m’y référer un jour si besoin, ou bien le développer à l’occasion (qui n’est pas arrivée pour l’heure, et que je ne vois pas du tout poindre). Puis, encore fatiguée, je me suis rendormie aussitôt.

J’ai l’impression que le rêve en lui-même ne sert à rien, ou du moins je n’en comprends pas le sens, hormis peut-être une sorte d’invitation à vivre le moment présent; mais, après tout, ce pourrait tout aussi bien être l’inverse, justement.

En revanche, je suis très marquée par cette voix.

Foi et désespoir.

Je suis dans un état très étrange aujourd’hui (déjà connu mais rare): un désespoir abyssal assez bien étouffé par une espèce de « foi » encore fragile en une sorte de pseudo normalité possible, ainsi qu’une volonté farouche d’y parvenir, mais qui arrive à crier quand même, de sorte que mon corps et mon esprit sont… dans un état bizarre, et me donnent des envies pour l’instant encore répressibles de suppression de tout ce que j’exprime aujourd’hui… mais pas de ce que je fais.

Les larmes et l’énergie se juxtaposent, c’est vaguement flippant.

(j’avais publié ça sur un réseau social sous un autre pseudonyme, mais tout bien considéré, il a sa place ici aussi)